(Raphaël Pesenti) C’est un revers majeur pour les partisans de la réforme sur la fin de vie. Ce mercredi 21 janvier, au deuxième jour de l’examen de la proposition, la majorité sénatoriale a voté contre l’article premier, visant à instaurer une « aide active à mourir ».
Au Palais du Luxembourg, le débat s’est finalement achevé par une défaite (144 voix pour – 123 voix contre) pour les soutiens de l’assistance médicale à mourir.
En rejetant l’article-clé du texte, les sénateurs ont exprimé leur refus catégorique de voir la médecine française basculer en faveur du suicide assisté. Pour les opposants, majoritairement issus des rangs de la droite et du centre, l’aide à mourir ne peut être considérée comme un soin. Ils estiment que la mission des soignants est d’accompagner la vie des personnes jusqu’au bout, et non de provoquer leur mort.
Ce vote a, sans grande surprise, confirmé la résistance de l’institution face à une réforme jugée trop radicale.
Les sénateurs ont martelé que le cadre actuel, défini par la loi Claeys-Leonetti, est suffisant s’il est appliqué correctement. Selon eux, l’urgence ne réside pas dans la création d’un nouveau droit à la mort, mais dans la garantie d’un accès universel aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire.
Les soins palliatifs au cœur du débat
Le rejet de l’article sur l’aide active à mourir a déplacé le curseur de la discussion vers les moyens alloués à la fin de vie. Pour de nombreux sénateurs, légiférer sur le suicide assisté alors que des milliers de patients n’ont toujours pas accès à un accompagnement correct en fin de vie est une erreur de priorité. La chambre haute plaide pour un grand plan de développement des unités de soins palliatifs, estimant que la demande de mort est souvent le cri de détresse d’une souffrance mal prise en charge.
Ce vote de rejet vient fragiliser le processus législatif entamé par le gouvernement et l’Assemblée nationale. Si les députés auront, à terme, le dernier mot lors de la lecture finale, ce vote des sénateurs va considérablement ralentir la réforme. Il place désormais le gouvernement face à un dilemme : passer en force ou tenter un compromis qui amputerait la loi de sa promesse initiale. Ce bras de fer politique, qui s’annonce musclé, risque de geler l’avancée de la réforme pour plusieurs mois. Pour les partisans du texte, le chemin vers une adoption définitive apparaît aujourd’hui comme une véritable course d’obstacles dont les premières victimes restent encore une fois, les personnes en souffrance.
Crédits photo: Jackinstosh, 20 septembre 2009/Wikimedia Commons


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