À l’instar du match du jeudi 8 janvier au Koweït, de plus en plus de matchs se voient délocalisés par les instances de football. Une exportation qui attire économiquement, mais tellement décriée par les supporters, et même les joueurs.

Les Etats-Unis ou l’Australie, voici des destinations qui n’ont rien à voir avec le football européen. Et pourtant, la première devait accueillir le 20 décembre dernier le match de Liga entre Villareal-Barcelone et l’autre devrait accueillir les Italiens du Milan AC et de Côme en février. Autre match délocalisé dans l’actualité, le Trophée des Champions, qui oppose le vainqueur de la Ligue 1 et le vainqueur de la Coupe de France – ou le dauphin au championnat lors d’un doublé (comme Paris sur la saison 2024-2025). Le match se jouera ce jeudi 8 janvier au Koweït, dans un stade qui s’annonce presque vide.

Depuis 2009, la Ligue professionnelle de football (LFP) a pour habitude d’exporter cette rencontre, avec deux exceptions en 2020 (Lens) et 2023 (Paris). Israël, Chine ou Maroc, la ligue promeut ce match aux 4 coins du globe avec un seul but : faire connaître le championnat. Qualifiée de Farmer’s League (ligue de fermiers), la Ligue 1 est souvent placée dernière des 5 grands championnats européens. Pour vendre et faire grandir son influence, le but est donc d’offrir le spectacle français au plus grand nombre, quoi de mieux que d’aller directement à l’étranger pour une affiche de gala. Le 18 décembre en conférence de presse, le président marseillais Pablo Longoria déclare : « Je peux comprendre que s’il y a un intérêt commercial à aller jouer au Koweït, ce soit intéressant au niveau produit ».

Mais bien évidemment, ces déplacements ne sont pas gratuits. Ce qui va avec la promotion du championnat, c’est une question économique. Contre la concurrence de la Côte d’Ivoire, de l’Oman et du Kazakhstan pour accueillir le match, le Koweït a déboursé cette année plus de 3,5 millions d’euros. Un pactole qu’encaisse volontiers le président de la LFP, Vincent Labrune, jamais bien loin quand il s’agit de son championnat et d’argent. De plus, le pays hôte prendra à sa charge le déroulé des évènements ainsi que les hôtels et les transports.

Des acteurs qui ne suivent pas

Comme beaucoup de décisions d’en haut, les principaux acteurs sont rarement considérés dans le choix des destinations. Les joueurs, dans un calendrier effréné pour les deux équipes entre le championnat, la Ligue des champions et la Coupe de France, ont peu de répit, cumulant 7 matchs en 24 jours pour les deux équipes.

Les autres acteurs principaux d’une rencontre, ce sont les supporters. Côté marseillais, les ultras ont décidé de boycotter la rencontre malgré une aide de 150 € par personne mise par le club. Ce dimanche en championnat, ils avaient déroulé une banderole « Trophée des champions 2026 au Koweït. Pour 2027 sur la lune ? ».

Le club de la capitale avait, lui, proposé une offre à hauteur de 800 € à ses abonnés pour faire le déplacement avec avion, navette et une place pour le match. Un pack retiré par le club ce lundi 5 janvier, faute d’inscrits.

Malgré le non-déplacement des ultras des deux clubs, c’est plus de 50 000 billets qui ont déjà été vendus sur les 58 000 du stade Jaber al-Ahmad de Koweït City, qui risque de sonner creux. De quoi potentiellement battre le record qui date de 2010, là aussi un Classico, mais en terre marocaine, à Radès.

Paul Ravenel

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