(Raphaël PESENTI) Le 15 janvier 2026, depuis la base aérienne d’Istres, Emmanuel Macron a transformé la joute verbale en opération militaire. En annonçant l’envoi immédiat de renforts français au Groenland, le président répond par une présence physique aux velléités d’annexion de Donald Trump. Pour la première fois, des soldats français se déploient officiellement pour protéger l’intégrité d’un autre pays européen… contre un allié.
Jeudi 15 janvier 2026, l’Arctique a atteint un niveau de tension inédit. Alors que Donald Trump réitérait son intention de sécuriser le Groenland par tous les moyens, invoquant une urgence de sécurité nationale, le Danemark a officiellement acté un « désaccord fondamental » avec la Maison-Blanche. Dans la foulée, plusieurs pays, dont l’Allemagne et la France, ont annoncé l’envoi de troupes au Groenland. Des militaires français sont ainsi arrivés à Nuuk pour une mission de sécurisation, marquant le début d’une présence européenne destinée à dissuader toute tentative américaine de s’emparer de l’île.
Le casse du siècle
Pour Donald Trump, le monde se résume à un vaste plateau de Monopoly où chaque pays est une colonie américaine potentielle. Les raisons invoquées ? Un mirage sécuritaire qui ne trompe personne. Trump brandit la défense des États-Unis face à la Chine ou à la Russie comme casus belli pour s’emparer du Groenland, mais son comportement à l’égard des pays qui l’entourent depuis le début de son mandat laisse peu de place au doute quant à ses motivations réelles.
Derrière ce prétexte sécuritaire se cache le véritable objectif de Trump : réaliser le hold-up minier du siècle en mettant la main sur les ressources dont regorge le sol de l’île. Le Groenland détient d’importants gisements de pétrole et d’uranium, ainsi qu’une réserve conséquente de terres rares, un trésor inestimable pour les États-Unis dans leur volonté de saper le monopole chinois. Après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier 2026, Trump semble désormais prêt à tout pour s’emparer du Groenland.
« Il n’y a qu’une seule chose qui puisse m’arrêter : ma propre moralité. Je n’ai pas besoin du droit international », arguait-il lors d’un entretien accordé au New York Times, illustrant son désintérêt total pour le bien commun de ses propres alliés.
Le rempart européen
La position de l’Union européenne est désormais celle d’un bloc uni face au prédateur. Le Danemark a envoyé des soldats au Groenland le mercredi 14 janvier, suivi par sept autres pays européens (France, Suède, Allemagne, Norvège, Pays-Bas, Finlande et Royaume-Uni). L’Europe ne se contente plus de déclarations : elle finance désormais des infrastructures (ports, aéroports, extraction de minerais…) afin de contrer l’influence américaine et de rappeler que ses territoires ne sont pas à vendre.
La réponse d’Emmanuel Macron, lors de ses vœux aux armées le 15 janvier, a été directe et sans concession. En envoyant des soldats français au Groenland, il adresse un signal fort et occupe le terrain avant que les Américains ne le fassent.
« Pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. Et pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort », a-t-il martelé, rappelant que la France ne laissera pas un territoire européen être déstabilisé ou agressé, même si l’agresseur est l’un de ses plus anciens alliés.
En réponse à cette action collective, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires de 10 % à partir du 1er février et de 25 % au 1er juin, à l’encontre des pays concernés, tant qu’aucun accord impliquant le rachat intégral du territoire arctique n’aura été trouvé.
Mais l’Union européenne ne faiblit pas. En plus du déploiement militaire, la France accélère l’ouverture de son consulat à Nuuk, prévue pour février 2026, afin de verrouiller sa présence diplomatique sur place. Pour l’Élysée, il s’agit de prouver que l’autonomie stratégique européenne n’est pas un concept abstrait : c’est la capacité à envoyer des hommes protéger les ressources et la souveraineté d’un allié lorsque l’OTAN manque à ses principes.
L’OTAN au bord de la rupture ?
Créée en 1949, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord est aujourd’hui au bord de l’implosion. Initialement mise en place pour contrer la menace soviétique au début de la guerre froide, cette alliance défensive repose sur un texte fondateur dont l’article 5 stipule que toute attaque contre l’un de ses membres est considérée comme une attaque contre tous et engage une réponse collective.
Or, le Danemark, la France et les États-Unis font partie des douze membres fondateurs du traité. Le Groenland est donc, via le Danemark, un territoire de l’OTAN. Nous assistons à une situation inédite et surréaliste que personne, à l’époque de la création de l’alliance, n’aurait pu envisager : des pays membres, dont la France, doivent mobiliser des troupes pour protéger un territoire danois contre les États-Unis.
Si Donald Trump décidait, faute d’accord pacifique, d’utiliser la force comme il l’a fait au Venezuela, les soldats de plusieurs pays européens, dont la France, se retrouveraient en contact direct avec des militaires américains. Un tel événement entraînerait probablement l’éclatement de l’alliance.
L’Europe place donc Washington face à ses responsabilités et engage ici un pari historique : refuser de s’écraser et de devenir le spectateur passif du pillage de ses ressources. Au cœur de la crise, la France a choisi son camp : celui d’une Europe qui entend rester maîtresse de ses frontières, quitte à voir ses plus anciennes amitiés se briser sur la banquise.


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